mardi 20 septembre 2016

Y vagabonder en ordre dispersé – Fragment #7



                                Feu de bois vert

une langueur perce   creux de vague   vallée sourde qui s’étire en goulet
pluie de gras sel   boue pendue aux bottes   forêt noire de bielle
bas-fond de vague au large d’une mer faible
une langueur attise   courant d’air et perfore un bâtiment vide
le silence aboie d’une haute nef   un vêtement colle/humide à la peau
sonne la musique d’un piano désaccordant   fraise-de-début-mars
une langueur coule   tristesse brève de larmes   une rage-sage   douleur saine
et sauve
volet de laine emmêlée
livre qui claque
pelote écrite en trop petits caractères
une langueur flue le plip-plip-plop d’une horloge

pont sans rivière
+ dessert mou
= tentative fumeuse de faire un feu de bois vert

une langueur est un é cart  une per?turbation u n dérégl age minime – cette réalité que l’on voudrait autre
une (ma) langueur est celle d’une âme passagèrement insensible à son monde


(Illustration par pokebip.com)